
Le résultat des élections régionales, qui a largement mis la gauche en tête en France, en Ile-de-France et dans les Hauts-de-Seine, s’est confirmé par une égalité presque parfaite sur Suresnes (à 10 voix près).
Ce résultat local montre bien le désaveu de vos administrés envers la politique gouvernementale que vous soutenez, avec pas moins de 4 ministres têtes de listes ou en tête de liste dans la région.
L’effet crise que l’UMP essaye de servir comme prétexte n’excuse pas tout. La crise est là bien sûr, mais c’est avant tout la gestion de la crise qui a été sanctionnée le 21 mars dernier.
L’ouverture, que le Président et vous-même défendez, ne vous fait que chuter à chaque scrutin auprès de la population.
Déjà localement en 2008, vous aviez expérimenté ce procédé qui, on peut le voir, ne vous réussit pas plus que cela.
Pour le dernier scrutin régional sur la ville, vous justifiez par communiqué votre satisfaction par une progression de 2 points par rapport à 2004 alors même qu’une triangulaire avait amené le Front National à s’octroyer une grosse partie de votre électorat. Cette satisfaction est donc toute relative pour votre camp, et je ne doute pas que votre majorité partage notre analyse.
Au delà de la qualité du projet de la Gauche, c’est une désaffection de votre politique et de celle de la droite en général qui ressort de ce scrutin régional, et ce ne sont pas les textos de dernière minute de vos conseillers qui auront mobilisé votre électorat déçu et lassé.
Le maintien envers et contre tout du bouclier fiscal cristallise l’incompréhension des Français vis-à-vis de mesures destinées, malgré la crise, aux plus aisés, au détriment des classes moyennes et modestes.
L’appel dans vos propres rangs pour la suppression du bouclier fiscal et de l’augmentation de la tranche la plus haute de l’impôt sur le revenu montre les limites du système libéral que porte le Président de la République.
Les Français et les Suresnois ont appelé à une autre façon de faire de la politique, moins élitiste, plus proche d’eux et de leurs attentes.
Nous appelons pour notre part à une implication plus importante de la population dans les décisions de la ville, ce qui amènerait sans doute les électeurs à moins fuir les bureaux de vote et à mieux considérer l'action politique.
Cette implication devrait d'abord passer par plus de démocratie locale.
Nous réitérons notre demande de transmission de nos débats sur le site internet de la ville, en direct et/ou en différé.
D'une part, cela permettrait d'éviter les débordements langagiers...voire les insultes.
Surtout, cela permettrait à nos concitoyens de se tenir informés de la réalité des affaires communales.
Nous connaissons certes votre réponse, que vous avez eu plusieurs fois l'occasion de donner.
Mais une telle mesure permettrait de restaurer un peu le blason de votre majorité parlementaire, droite & nouveau centre, qui vient encore une fois de tristement s'illustrer!
En effet, le projet de loi sur le Grand Paris vient d'être amendé il y a quelques jours par les Sénateurs de droite pour supprimer le débat public sur le projet régional d’Arc Express.
Ce projet "emblématique" porté par le président de région Jean-Paul Huchon, permettant des liaisons banlieue-banlieue, devait débuter cette année.
Or, le débat public est un préalable à la mise en oeuvre de ce projet de près de 19 Milliards d'€, qui a largement été validé par le vote des Franciliens les 14 et 21 mars, qui ont en conséquence rejeté majoritairement le projet du Grand Paris et de son super métro souterrain en grande couronne.
Cet amendement porté par la majorité UMP-centriste met en évidence son mépris pour la démocratie et le débat public.
Force est de constater que le manque de débat au Conseil Municipal et sur la ville ne fait que rejoindre les méthodes de vos amis politiques. Nous rappelons ici que nous sommes la première et la seule force politique à avoir organisé un débat public sur le Grand Paris et sur l'extension de la Défense en décembre dernier.
Sur un sujet connexe, tout aussi important, nous demandons donc solennellement que vous réserviez un Conseil municipal extraordinaire pour débattre de l’extension de notre intercommunalité aux autres villes de la presqu’ile-de-Gennevilliers. Cette question est également liée aux questions du Grand Paris, et il est essentiel qu'elle soit démocratiquement débattue au sein du conseil municipal préalablement, plutôt qu'une fois les grandes décisions prises.
Toujours en matière de démocratie locale, malgré la mise en place des CCQ, du CLES et des Conseils de la Jeunesse, force est de constater que ces outils restent des coquilles vides dans le domaine de la démocratie locale.
Quel est le bilan de ces organes? Pourquoi ne débattons-nous jamais des propositions qui émanent des CCQ et Conseils de la jeunesse ? Nous proposons, comme cela se fait dans différentes villes, qu’une fois pas semestre, un projet élaboré par les CCQ et le Conseil de la jeunesse fasse l’objet d’une délibération en Conseil Municipal afin d’aboutir à une réalisation concrète. Ce serait, pour les habitants et notamment les jeunes, un signe fort que leur avis compte pour les élus
En début de mandature, nous nous étions étonnés du manque d’expression des élus de la majorité au sein du CM.
En effet, Monsieur Dupuy, vous connaissez aussi bien que nous les villes du département, de droite comme de gauche, où les adjoints et les conseillers municipaux rapportent les dossier sur lesquels ils ont travaillé durant l’année, et c’est, à notre sens, bien normal.
Ce manque de liberté d’expression des membres de votre majorité démontre à nos yeux la fragilité de celle-ci, puisqu'il est arrivé à plusieurs reprises que vous coupiez court à tout début de débat pour éviter tout dérapage ou simplement tout point de vue qui ne serait pas le vôtre!
«L'unisson » du début de mandat cache en fait des ambitions personnelles dévorantes attisées, depuis les élections européennes, par vos absences dues à vos nouvelles fonctions au Conseil d’Etat.
Nous avons déjà eu l'occasion, lors du DOB, de réitérer notre déception quant au manque d'ambition de votre politique en matière de développement durable, qui ne s'inscrit ici que dans la démarche du quartier éco-exemplaire de Carnot-Gambetta, sans s'attaquer aux 5 autres quartiers.
Vous avez eu l'occasion d'annoncer, lors du DOB, le lancement d'une étude d'optimisation de l'éclairage public, ce que nous préconisions pour notre part dès 2008 lors de la campagne municipale, mais à l'échelle de toute la ville.
Voici une mesure qui aurait pu être rapide et générer rapidement des économies d'énergie pour la municipalité.
Outre qu'elle gagnerait à être tout de suite appliquée à tout notre territoire, cette optimisation mériterait d’être conjuguée à la chasse aux coupures de courant, en particulier dans le quartier Liberté, où les riverains se plaignent régulièrement des zones d'ombre qui peuvent générer un sentiment d'insécurité.
La raison invoquée est l'insuffisance de la capacité réseau; ne pouvez-vous pas agir de sorte à résoudre ce problème qui relève basiquement de la sécurité publique?
Relevons d'ailleurs que votre politique d'éco-exemplarité dans un seul des 3 quartiers du bas de la ville représente 0,7% des dépenses d'investissements de la ville, soit un budget 20% moins important que les travaux d'extension de la vidéo-protection budgétés pour 2010 (290 000€ contre 350 000€ pour la vidéo-protection).
Petite parenthèse : en fin d'année dernière, nous avions acté la récupération par la ville de 310 000€ de profits de SOCLIS, en charge de notre chauffage urbain, directement issus des quotas de CO2 non consommés jusqu'en 2007 ; il avait alors été acté, lors du CM d'octobre 2009, que cette somme serait affectée à des travaux d'économie d'énergie. Cette somme n'apparaît pas ici. Qu'en est-il?
Pour nous, plutôt que d'investir massivement dans la vidéo-protection, il est plus urgent que l'éclairage public soit efficace, quelle que soit la saison, et bien sûr plus économe.
Pour ce qui touche à la sécurité, justement :
Nous nous permettons de vous redemander l'évaluation du dispositif existant de vidéoprotection sur la ville, ainsi que celle conduisant à son extension.
Compte tenu du budget qui y est alloué (2,5 M€ d'investissement et 850 000€ de fonctionnement en 2009), à quoi s'ajoutent 350 000€ de travaux d'extension pour 2010 et donc, en toute vraisemblance, une augmentation à venir des frais de fonctionnement, cette question n'est pas sans importance.
La ville de Rueil s'est notamment vue reprocher, en fin d'année dernière par la chambre régionale des comptes, son manque de rigueur et d'évaluation du système de vidéoprotection dans le cadre de sa politique locale de sécurité.
Lors du dernier CM, lorsque nous vous avons demandé cette évaluation, vous nous avez « aimablement » renvoyés au SuresnesMag à venir, celui de mars 2010 que nous avons pu découvrir depuis, où, effectivement, un petit encart d'interview de Mme le commissaire fait état de la baisse du taux de délinquance à Suresnes, de – 5,62%.
Cette interview mentionne l'efficacité de la vidéo protection pour l'élucidation par la police nationale, ou pour la constatation de délits qui peut être transmise rapidement au commissariat.
Dont acte, mais nous souhaiterions disposer des éléments permettant de dresser un tel bilan, et qui vous motivent à engager de nouveaux investissements importants. Car nous ne pourrions croire que vous ne faites qu'appliquer à la lettre, sans éléments d'appréciation locale, la volonté présidentielle de multiplier par 3 le nombre de caméras de vidéo protection en France, largement à la charge des collectivités.
A cet égard, nous souhaiterions connaître la part et le montant du financement pour l'investissement des autres collectivités dont l'Etat, sur le réseau actuel et à venir sur notre ville.
En outre, rappelons que les chiffres de la délinquance sont passablement critiqués par les policiers eux-mêmes, depuis que la « culture du chiffre », voulue par l'ancien ministre de l'Intérieur aujourd'hui Président de la République, l'a emporté sur le travail de longue haleine de terrain (qui « produit » moins de chiffres de résultats), sur la présence de terrain des fonctionnaires en charge du maintien de l'ordre, remis en cause par la suppression de quelques 10 000 postes dans la police et la gendarmerie partout sur le territoire national.
Parallèlement à la baisse des chiffres de la délinquance dite de « proximité » (vols à l'arraché, etc), on constate une hausse inquiétante des braquages et phénomènes de délinquance plus organisée. Les Hauts-de-Seine n'y échappent bien évidemment pas.
Nous citerons juste sur notre ville les braquages de banques, de La Poste il y a quelques semaines, ou encore plus récemment du SPAR au quartier Liberté.
Ces phénomènes traduisent une évolution de la violence dans notre société, qu'il est difficile de délier du phénomène de la crise brutale que nous connaissons depuis près d'un an et demi.
Voilà pourquoi nous soutenons l'augmentation du montant prévu pour l'aide de secours et d'urgence de la ville dans votre budget. Mais cela ne saurait suffire. Hausse qui est indispensable vu l’augmentation du nombre de dossiers recueillis par les assistantes sociales. A ce sujet nous réitérons notre proposition de supprimer ou a minima réduire la voilure de vos vœux annuels. Certes ils représentent un moment important pour vous mais cet argent pourrait être réaffecté aux subventions aux associations ou aux CCAS.
Vous auriez pu, compte tenu de la hausse naturelle du produits des 3 taxes locales restant de votre responsabilisé suresnoise (+665 000€), envisager une baisse des impôts locaux pour soulager les ménages.
L’augmentation de la base d’imposition vous aurait permis de donner un signe fort à la population pour soutenir le pouvoir d'achat alors que les mauvaises nouvelles s'accumulent, avec, juste après les élections du 21 mars dernier, l'annonce d'une hausse de 10% des tarifs du gaz au 1er avril où le Gouvernement porte une lourde responsabilité, car il a décidé en la matière de ne plus rien décider! Et de laisser Gdf-Suez décider des nouveaux tarifs.
Concédons à votre crédit que la suppression de la taxe professionnelle est lourde de menaces sur les budgets des collectivités, et qu'une majorité d'élus annoncent une hausse inexorable de la fiscalité pesant sur les ménages dès 2011, date d'entrée en vigueur pleine de cette réforme bancale.
La simulation que vous nous avez communiquée, concernant la nouvelle contribution économique remplaçant la TP, comporte des estimations concernant également les communes de Puteaux, Courbevoie, Nanterre, Gennevilliers...Nous en concluons que la CA du Mont-valérien envisage plus que sérieusement de s'étendre jusqu'à ces communes, comme nous avons d'ailleurs pu le lire récemment dans Le Parisien; nous réitérons donc notre demande de débat sur ce sujet, y compris du point de vue de la pertinence économique.
Pourriez-vous nous faire état de votre sentiment sur l'avenir de notre imposition locale, compte tenu des simulations que vous avez effectuées au titre de la communauté d'agglomération? Comment comptez-vous pallier aux baisses de ressources fiscales en 2011 et comment envisagez-vous l'avenir des taux d'imposition sur notre ville?
Nous votons aujourd'hui le taux de impôts locaux hors CET, quel sera son avenir au sein de la CA?
A l’heure où la consommation des ménages fléchit et la croissance faiblit, vous auriez pu miser sur l’emploi des suresnois qui se dégrade y compris sur la ville, en incitant par exemple les entreprises suresnoises à embaucher localement.
Miser également sur le tissu commercial qui est en pleine crise sur la ville et qui devra subir cette année encore la nouvelle taxe sur les enseignes que vous avez mise en place en 2009.
Cette taxe d’ailleurs, nous vous demandons de la reporter pour 2010 pour ne pas alourdir d’autant les charges devenues insupportables de nos commerces de proximité, au risque de voir notre centre ville devenir un centre bancaire géant.
Nous vous demandons également les éléments en votre possession concernant le départ de Leader Price en centre ville, et son remplacement par une éventuelle grande surface type Monoprix, dont nous savons que les prix sont nettement moins « abordables ». Sachez que dans la période actuelle nous sommes attachés à conserver un commerce qui permette aux familles le plus modestes de faire leurs courses de tous les jours près de chez eux. Nous tenons également à ce que le centre commercial prenne enfin forme et devienne un lieu de vie, d’échanges, qui pourrait allier commerces, services et associations.
Pour en revenir à la « crise » à laquelle devrait répondre votre budget.
Plusieurs signaux sont à cet égard plutôt négatifs, comme la baisse des subventions aux associations d'utilité sociale et culturelle, comme Parélie (–4%) et la Courte Echelle (-8,8%).
Décision choquante quand la subvention à l'établissement privé d'enseignement St Leuffroy, est, comme chaque année, rehaussée à 147 156€.
Enfin, l'association Clos du Pas St Maurice reçoit à elle seule 67 000€ ; pouvons-nous connaître la raison d'une telle subvention?
Par ailleurs, autre pilier du soutien à apporter aux ménages en ces temps difficiles : le logement social.
On sait que 70% des français sont éligibles au logement social, et ce taux n'est pas en train de se réduire avec les chiffres du chômage qui dépassent les 8% dans notre département et son autour de 10% en Ile-de-France.
Récemment, en CCQ Cité-jardins, les habitants qui ont la chance d'y participer se sont inquiétés des constructions de HLM opérées ailleurs dans le département, et notamment à Rueil, pour remplacer les logements vendus à la découpe dans notre parc départemental à la Cité-Jardins.
Nous vous demandons aujourd'hui un état des lieux précis des logements sociaux vendus sur notre ville (leur nature et leur nombre), et de leur équivalent construits sur notre ville ou ailleurs dans le département.
Pour le sport :
L’IMEPS, que nous appellerons bientôt « Suresnes Sports », pourrait être l’organe fédérateur de nos clubs sportifs.
Un organe administratif, comptable, juridique et de conseils qui permettrait aux clubs de se concentrer sur leur domaines de prédilections, le Sport.
Nous demandons d’ailleurs à Monsieur l’Adjoint au Maire délégué aux sports de nous expliquer par votre voix, comme il est de coutume, les variations de subventions versés aux clubs sportifs.
Est-ce une volonté municipale ? est une demande des clubs concernés ? Une fois de plus, pouvez-vous nous indiquer la politique utilisée pour l’octroi des subventions municipales ?
Pouvez-vous également nous donner des éléments sur l’avenir du centre de Lamoura ?
Je ne pourrai pas finir mon intervention sans parler du Festival des vendanges qui d’après le bilan 2009 est une fois de plus en augmentation alors que la quasi totalité des autres services de la ville diminuent les budgets.
Tout en soutenant les arts de la rue et les intermittents du spectacle, nous réitérons notre proposition d’impliquer le tissu associatif, scolaire et commercial à cette fête qui doit garder son objectif premier, celui d’être une fête des Suresnois, pour les Suresnois.
Les commentaires récents