Finaliste du 800 m aux JO de Pékin, le sportif algérien est dans l'impasse. Pour rester en France, il attend en vain un emploi.
Nabil Madi a 28 ans, vit et s'entraîne à Suresnes (Hauts-de-Seine). Cet athlète algérien de haut niveau, arrivé en France en 2007 pour suivre son entraîneur, s'est illustré lors des JO de Pékin, en remportant la demi-finale du 800 mètres. Ce qui lui a valu la médaille de la ville. En forme, il prépare les championnats de monde en salle de mars et envisage de courir sous la bannière française lors des JO de 2012.
Seul problème: son titre de séjour expire dans un mois. Le résultat d'un imbroglio politique d'un an et demi. "A son retour des JO, le maire de Suresnes (l'UMP Christian Dupuy, NDLR) lui a proposé un emploi municipal afin qu'il puisse rester dans la commune", assure Xavier Iacovelli, qui est son ex-agent mais surtout le chef de l'opposition PS de la Ville. La mairie, de son côté, assure n'avoir jamais promis une telle embauche.
Pour avoir le droit de travailler, Nabil abandonne sa précieuse carte de séjour "compétences et talent" pour un statut de salarié. "J'ai fait les démarches fin 2008, raconte l'athlète. J'ai postulé pour des emplois de gardiennage et de restauration". Mais un an plus tard, Nabil n'a pas d'emploi. "Les ressources humaines ont conclu qu'il n'avait aucune motivation et pas la formation requise, explique Loïc Degny, adjoint en charge des Sports. Ce n'est pas parce qu'on est un champion qu'on peut occuper toutes les fonctions d'une ville", ajoute-t-il, accusant l'élu PS "d'utiliser la situation difficile de l'athlète pour se faire entendre. C'est purement politique".
Nabil envisage de demander à la Région de financer un emploi-tremplin dans le domaine sportif. Mais la préfecture n'attendra pas.
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